M le Préfet, M le Recteur, Mme la représentante de la Région, Mme la représentante du Conseil Départemental, mesdames et messieurs les membres du CEN.           

            Le SNALC tient à  alerter sur les urgences de l’Ecole à La Réunion.

            En effet, il faut re-sectoriser certaines communes où les effectifs de certains établissements dans le primaire et le secondaire sont pléthoriques quand d’autres perdent des classe. Vous avez été alertés à plusieurs reprises pour la commune du  tampon! La «baisse démographique» que vous nous présentez constamment est si minime qu’elle ne peut, au regard des projections de l’INSEE (un volume de jeunes en augmentation vers 2040) justifier la baisse de dotation qui attend notre académie dans le secondaire comme cela a été le cas depuis 6 ans avec les politiques ministérielles (-3000)!

            Vous mentionnez en filigrane de vos documents l’orientation. Mais le même dogme de la voie générale comme graal de la réussite scolaire irrigue vos documents.

             Renforcement du LSU et des compétences dans le primaire et en collège, alors que les équipes et les évaluations nationale ne montrent que des résultats négatifs! Parents et enseignants ont réussi dans certains collèges où  la lubie des couleurs à la place des notes s’était imposée d’en haut, à en venir à un système de notes plus accessible et plus juste pour tous. Il est temps de comprendre que sans savoirs de qualité, riches, exigeants, une compétence ne peut exister. S’il est positif qu’on distingue désormais diverses formes d’intelligences, il n’en reste pas moins que ces dernières ne peuvent s’acquérir et s’épanouir que par une maîtrise forte des savoirs si oubliés dans la machine à compétences, qui  soit-dit en passant, transforme in fine des  couleurs en points! Tout ça pour ça! Trouverez-vous encore des professeurs désireux d’être PP si l’on alourdit encore le mille-feuille de l’orientation? Les compétences (loi d’orientation de 2005) vont -elles être imposées en lycées dans le Programme Avenir? Les équipes avaient été consultées pour le collège et la majorité avait rejeté le système par compétences! Il eut été cohérent de faire un bilan des résultats de ce système si  chronophage pour la validation des compétences de cycles du  socle en primaire et en collège.

            Pour ce qui  est de l’orientation, il serait bon de permettre à la voie professionnelle de se développer dès le collège si l’élève en montre l’intérêt, en refusant ces limites d’âge qui sont utilisées comme excuse dans un système si fermé à la réussite par cette voie! A La Réunion, il y  a un manque cruel d’aide à la personne, d’artisans de la construction etc! Fait on vraiment la promotion de ces métiers en collège? Nous en doutons et les conseils de classe si uniformisés, où les enseignants ne sont pas décideurs, continuent à  alimenter des flux éloignés des réalités de terrain et des vœux des élèves!

            Vous nous présentez l’inclusion dans notre académie! Sujet épineux, car nos instituts consacrés au handicap manquent cruellement de places! La Ministre, de passage récemment sur notre île, a-t-elle donné les places suffisantes aux instituts spécialisés? Il est en effet déplorable de laisser cette inclusion sauvage décourager les équipes démunies face à une hétérogénéité aggravée et ingérable, face aux incidents à  gérer quotidiennement, face au laisser faire ( on a entendu ici et là un chef de service dire à un aesh qui remarquait que l’élève dormait et se réveillait en sursaut créant une perturbation des cours: «Laissez le dormir en cours !»). Le PIAL en n’ayant pour but l’optimisation de la présence des personnels a oublié tout le volet humain indispensable face à des élèves déjà en difficulté. Les AESH sur plusieurs établissements, avec la difficulté des déplacements à La Réunion, n’ont pas le temps de s’occuper des divers élèves qu’ils doivent accompagner. Enfin il  est temps de ne pas les considérer, ainsi que les enseignants comme des assistants sociaux , des infirmiers, des médecins et de ne faire l’inclusion que si  elle est possible.

            Sur les CLA, comment expliquer à  ces établissements dont les CSP induisent une difficulté plus grande, accrue avec l’effectif s’il dépasse les 700, qu’ils vont devoir rendre des comptes, sans abaissement du nombre d’élèves par classe, avec un infirmier à  temps partiel, une ULIS, l’absence de segpa sans rémunération! Ce cache-misère surcharge les équipes que vous n’évoquez dans les TER que comme des exécutants supposés faire cours sur plusieurs niveaux, ce que rejettent la plupart des enseignants, alors que des 6ème de consolidation, comme notre académie les avait expérimentées avec succès, des effectifs à 26, un moyen CPE supplémentaire, un infirmier à temps plein, seraient des réponses adaptées à  ces problématiques.

            Que dire de la réforme de la voie professionnelle qui  sera plus porteuse d’inégalités sur notre territoire eu égard au tissu économique limité? Nous appelons à la grève le 12 décembre pour dire non à cette réforme qui ampute encore le temps de l’apprentissage des savoirs en lycée professionnel!

            Enfin nous ne pouvions terminer cette déclaration sans une pensée pour les professeurs assassinés pour être les symboles des valeurs démocratiques de la République française. Avons-nous suffisamment sécurisé les écoles? Y a t-il une salle ( à part celle du Rectorat où nous siégeons fièrement), une école, un collège, un lycée qui porte dans notre académie le nom de Samuel Paty?

            Je vous remercie,

            Jérôme MOTET pour le SNALC

           

 

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