Nous le savons tous aujourd'hui, le dessein initial de la formation professionnelle qui permettait insertion, qualification et reconnaissance sociale doit disparaître.

Cette formation scolaire publique assurée par des PLP reconnus par l'institution, structurée et institutionnelle coûte cher mais aussi dérange les branches professionnelles.

Là est le point de départ du dépeçage de la Voie Pro.

Commencée par le bac pro 3 ans et la suppression des BEP, la destructuration a été savamment orchestrée par le ministre avec sa réforme de la Transformation de la Voie Pro en 2019.

La dévalorisation de la formation avec les dispositifs de la TVP déprofessionnalise et détériore en profondeur les conditions de travail en LP.

Avant même la fin de l'application de la réforme sur les 3 niveaux, on constate les désastreux effets sur la qualité de l'enseignement, le management déshumanisé et les résultats fameux plus destructeurs qu’espérés.

Le SNALC avait annoncé dés 2019 ce que nous réserverait la co-intervention et le chef d’œuvre qui ne sont que des alibis pour justifier les suppressions des heures postes ainsi que la généralisation de l'enseignement théorique en LP. Le travail en équipe et en amont ne peut être profitable que s il est volontaire comme en SEGPA. Encore faut il qu'il soit rémunéré ? 

Cette fin annoncée de l'enseignement pro, dénué de savoir-faire, a été accélérée par le concours de la crise sanitaire et le confinement. La continuité pédagogique à distance, le décrochage scolaire ont intensifié la déqualification des diplômes tant désirée par la Degesco. Il faut bien privilégier l'apprentissage et les branches professionnelles qui passent à la caisse et attendent un retour sur investissement.

Le Coronavirus a été un allié dans cette recherche de dénaturer les LP avec les UFA mais surtout pour s'en prendre plus fortement aux PLP. Le rêve des hiérarchies intermédiaires de ne plus laisser les PLP libres de leur pédagogie et des répartitions de services atteint son paroxysme cette année; Réformes de la TVP et de l'auto évaluation des EPLE dans un contexte de pédagogie imposée à distance sont une occasion inespérée pour imposer leur désir de pouvoir absolu.

Dans ce contexte, en plus de baisser l'effectif de ces enseignants extraordinaires, le statut des PLP est en grand danger avec le projet d'annualisation du temps de travail et le suivi des PFMP mis sur le devant de la scène avec les seuils minimum de semaines de stage non atteints à cause de la fermeture des lieux de stages. On a touché le fond avec la proposition des stages de vacances pour valider les PFMP.

Enfin l'annonce spontanée et insensée des non aménagements des examens de fin d'année traduit le mépris du ministre envers la voie pro. Comment un ministre peut il nous mettre dans cette situation surréaliste?

Finalement le coronavirus aura montré les limites de la TVP qui n'a plus raison de perdurer.

Mais l'association  Blanquer et Coronavirus aura porté un grand préjudice aux LP et aux PLP. 

Le SNALC dénonce, une nouvelle fois cette volonté de nuire et de détruire la formation professionnelle scolaire publique. Monsieur le Ministre, vous êtes le responsable de ce chaos. Aurez vous un jour l’honnêteté de le reconnaître et d'en assumer les fautes? 

Guillaume Lefèvre

Secrétaire national du SNALC chargé de l'enseignement professionnel

plp@snalc.fr

 
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