Le SNALC porte quotidiennement les revendications des personnels et rappelle la situation
de crise grave que connaît notre Ministère. Nous n’inverserons la tendance que par un rattrapage salarial qui nous est dû et une amélioration des conditions de travail, création d’un statut pour les AESH et les AED, reconnaissance de la souffrance des personnels soumis à des injonctions contradictoires, à la vindicte de la société, de nombreux parents mais aussi d’une partie de leur hiérarchie. Quand ce n’est pas l’institution elle même qui inflige des réformes à tout va ! Élisabeth Borne et ses injonctions sur l’évaluation en lycée général et technologique quelques jours après nous avoir dit le contraire lors de son audience à la Réunion.
Le Ministre nous a assuré ne pas souhaiter faire d’énième réforme et avoir parfaitement conscience de la situation. Le SNALC lui reconnaît une expertise, puisqu’il a mis en œuvre en tant que DGRH ou DGESCO une grande partie des mesures qui ont causé de sérieuses dégradations de nos conditions de travail. Comme toujours, notre syndicat jugera aux actes. Le Ministre connaît la maison et dispose des compétences techniques : s’il veut réellement le bien de l’École et de ses personnels, nous le saurons très vite. Le SNALC a toujours privilégié le dialogue quand il était possible : nous continuerons d’être force de proposition et de porter la parole des personnels à tous les niveaux. Si les discussions budgétaires ne permettent pas de dégager une priorité réelle pour l’École, alors nous saurons que la classe politique a définitivement décidé que l’avenir de notre République, qui dépend de la bonne santé de son École, est le cadet de ses soucis. Il est encore temps de se réveiller : notre système éducatif ne repose plus aujourd’hui que sur l’investissement et la bonne volonté des personnels, et ces derniers sont en train de craquer. Nous avons besoin d’aide maintenant !
Pour ce qui est des documents de travail, l’annonce d’une baisse sensible des effectifs ne s’accompagne pas d’un renforcement de l’encadrement. Baisse qui d’ailleurs ne concerne pas toutes nos micro-régions et qui ne se voit pas dans l’asphyxie circulatoire de l’île dû à sa sur population ! Qu’en est il des établissements en HEP qui craquent sous le nombre d’élèves, empêchant de réels progrès de ces établissements qui ont plus de 800 élèves sans CPE supplémentaire, avec des infirmières réparties sur le secondaire et le primaire, donc absentes plusieurs demi-journées, d’une médecine scolaire si pauvre qui prive les personnels d’accès à un service qui leur est dû quand ils craquent sur le terrain ? Des violences toujours augmentées par ces effectifs et le phénomène « pas de vague » qui revient au galop à cette rentrée ? La nécessité de re-structurations sont le reflet de ces problèmes d’effectifs ! Les questions sont nombreuses mais quelques éléments d’illustration sont plus parlants : Un AED qui prend un coup d’un élève nécessitant une ITT après que l’élève a détruit du mobilier se solde en un refus de conseil de discipline au prétexte de l’inclusion, des examens blancs où des collègues déjà excédés par les réunions à répétition, sont convoqués hors de leur temps de service sans rémunération, , des conseils de 3ème placés fin mai entraînant une dégradation assurée du climat scolaire pendant le long mois de juin et début juillet, des remises en cause de la parole de nos personnels pour faire plaisir à des parents, en somme, une perte de dignité et un réel déclassement social. Sommes nous traités comme des catégories A de la FP ?
Le déclassement de nos métiers se perçoit aussi, et cela nous inquiète dans l’invisibilité de nos professions face aux grands enjeux nationaux : Lutte contre le harcèlement, santé mentale, respect de la laicité….. Esseulés, combien de personnels souffrent en silence car les démarches sont trop peu mises en avant. Le refus des commissions permanentes et des CHSCT dans les établissements démontrent bien une volonté de ne pas envisager ces thématiques chez les personnels de l’EN. Ainsi peut se développer, plus que dans d’autres métiers, des managements toxiques où, à bout, les personnels ont recours à l’arrêt maladie ! Est ce normal ?
De même, la mobilité des enseignants de La Réunion est mise à rude épreuve ! Que dire d’un CIMM qui ne garantit pas l’accès à l’académie d’origine, encore moins, dès lors que Mayotte donne 1000 pts au bout de 5ans, du nombre de retour de l’AEFE et des COM plus nombreux qu’ailleurs, du nombre de postes réservés aux stagiaires sur l’académie ! Il faut une enveloppe supplémentaire pour l’académie de La Réunion qui a des spécificités et une attractivité qui frène le retour des originaires ! Augmenter considérablement la valeur du CIMM ou augmenter le barème pour l’académie d’origine au bout de 4 ans, de 1000 pts supplémentaires sont des pistes que nous proposons ! Les 4000 suppressions de postes, semble t il compensées par 8000 postes de stagiaires, ne seront pas une solution, encore moins pour notre académie !
Jérôme MOTET
Dernière modification le 29/11/2025 par Webmaster

